Marche d'été 2007 - de Maubourguet au Col du Somport sur le Chemin d'Arles

Texte d'Adrien et René Grand. Photos d'Erhard Saur, Alexander Schönenberger et Bernard Favre

   
Retour
Zurück

Vendredi 6 juillet

Depuis ce matin, une partie du groupe est déjà partie en bus sur les routes françaises en direction de Tarbes. Murielle et Bernard Favre conduisent le bus qui servira à transporter nos bagages et les éclopés de la marche, sans oublier le ravitaillement pour le pique-nique quotidien.
Le soir, à Genève-Cornavin, le président Adrien Grand accueille les participants qui voyageront en train-couchettes jusqu'à Tarbes. Quelques visages connus, mais la majorité sont des nouveaux pèlerins venus de toute la Suisse. Grosse angoisse au départ : il manque un participant ! A quelques minutes du coup de sifflet, Erhard apparaît enfin dans le compartiment : il n'avait retenu que l'heure du départ du train. Ouf ! Tout le monde est là, on s'installe pour la nuit et le voyage commence.

Samedi 7 juillet
La nuit s'est relativement bien passée dans le train et les voyageurs sont accueillis à Tarbes au matin par le reste du groupe. Nous déjeunons tous ensemble dans le même hôtel où nous nous étions arrêtés il y a deux ans. C'est le temps des retrouvailles et des présentations avant d'embarquer, qui dans le bus du groupe, qui dans le car régulier, en direction de Maubourguet, dernière étape de notre marche 2005. Dans l'église romane du village, René nous introduit au thème de nos méditations " Pèlerin de Saint-Jacques, lève-toi et marche ", d'après le livre de Pierre Genin. Enfin, sous un beau soleil d'été, la troupe entame la première étape, sous la direction de Bernard de Senarclens.

1. Devant l'église de Maubourguet

2. Premiers pas

Dès la sortie du village, le groupe se disloque : une partie des marcheurs s'est précipitée dans les bureaux de l'office du tourisme pour obtenir un tampon ! Nous repérons bientôt le panneau " Chemin de St-Jacques Voie d'Arles ". Nous avançons dans un paysage de collines jusqu'à la pause de midi. Sous un tilleul à l'ombre, nous découvrons un pique-nique copieux et varié préparé par Murielle et Bernard. Dans l'après-midi, nous arrivons à Anoye, petit village tranquille perché au-dessus d'un petit lac. Il fait chaud et lourd : la fraîcheur de la chapelle St-Jacques nous accueille pour la méditation sur les motivations du pèlerinage : pause bienvenue accompagnée par le ronflement d'un participant exténué.

3. Passage difficile

4. St-Jacques : 820 km !

Après cet arrêt dans l'église, une partie du groupe est emmenée dans le bus jusqu'à Morlàas. Les autres continuent la marche quelques kilomètres avant d'être aussi transportés en bus au gîte d'étape. Morlàas : c'est une très jolie petite ville qui nous accueille. Nous logeons dans une belle salle de sport, où chacun trouve un coin pour s'installer, gonfler son matelas, sécher ses affaires et marcher jusqu'au camping municipal où des douches bien chaudes nous retapent.
Le soir, nous mangeons dans un restaurant voisin (Hôtel de France) où le repas nous donne l'occasion de faire plus ample connaissance avec les différents membres du groupe.


5. Massifs d'hortensias

6. L'église de Morlàas

Dimanche 8 juillet
Le temps est maussade, le ciel est gris, il pleuvine ! Nous participons d'abord à la messe dans l'église de Morlàas. Nous sommes salués par le curé et les paroissiens et nous chantons en choeur notre chant du pèlerin. Ensuite le groupe des bons marcheurs embarque dans le bus qui nous ramène à l'endroit où nous avons été pris en charge la veille. De là, nous reprenons la route à pied, sous une pluie très fine et dans une campagne très verte. Avant midi, nous retrouvons l'autre partie du groupe et vers une heure, oh ! miracle, nous retrouvons le bus et un fameux pique-nique préparé par le couple organisateur, à l'abri d'un préau d'école. L'après-midi, le chemin se poursuit à travers les bois et les champs sous un ciel mitigé qui nous oblige à revêtir pour quelque temps la pèlerine ou l'imperméable. En fin d'après-midi, nous retrouvons notre gîte à Morlàas et les douches au terrain communal. Il pleut, mais le moral des troupes est au beau fixe. Rosita avec Edouard entonnent des airs d'opéra et des chansons tessinoises. Les Romands, à leur tour, poussent la chansonnette, suivis par les Alémaniques. Voilà un moment délicieux où chacun exprime un bout de sa terre : la Suisse multiculturelle, c'est çà ! Le soir, les pizzas préparées par un traiteur transforment le gîte en un restaurant improvisé et chaleureux.


7. On chante en attendant les pizzas !

8. Départ de Morlàas

Lundi 9 juillet
Le matin nous quittons définitivement la petite ville de Morlàas. Le temps est doux et nous traversons un paysage de plaine jusqu'au pique-nique dans une vaste forêt où une averse nous oblige à partir précipitamment. Dans l'après-midi nous atteignons la cité de Lescar, près de Pau, où la vieille ville est juchée sur une colline escarpée protégée par des murailles. En contrebas, nous rejoignons le collège Paul Fort pour y passer la nuit, dans une salle du judo avec, comble du confort, un tatami sur lequel il ne faut absolument pas marcher avec des chaussures, nous prévient Murielle !

 

9. Pique-nique dans la forêt de Bastard

10. Grosse fatigue ...

 

La journée n'est pas finie. Nous prenons un temps de méditation dans la cathédrale avec le témoignage d'Edouard sur l'expérience vécue dans son pèlerinage à Compostelle.. Puis nous avons la chance de visiter l'église avec une guide qui nous plonge dans l'histoire et l'architecture locales, depuis les Romains jusqu'à Jeanne d'Albret, mère du roi Henri IV. Une réception nous attend ensuite au gîte communal : les membres de l'association jacquaire locale nous font déguster le fameux Jurançon, vin doux de la région, avec de délicieuses mises en bouche. Après quelques discours et explications viticoles, nous descendons en basse ville pour le repas du soir. En fin de soirée, joyeusement requinqué, le groupe remonte par un raccourci au collège pour y passer la nuit.

11. Cathédrale de Lescar

12. Détail d'un châpiteau

 

13. Au cimetière de Lescar

 

14. Dégustation de Jurançon !

  Mardi 10 juillet
Le soleil est avec nous, en route pour Oloron St-Marie !
Un bus spécial nous embarque et nous transporte, à travers les coteaux du Jurançon, jusqu'au village de La Commande, siège d'une ancienne abbaye. Nous commençons notre marche par une méditation dans la chapelle avec le témoignage de Marianne, toujours sur l'expérience de Compostelle. Nous marchons ensuite dans un moment de silence, ce qui permet de réfléchir et de goûter pleinement la beauté du paysage. Ca monte un peu raide ! Certains soufflent et souffrent, il faut s'arrêter pour reprendre des forces, boire un bon coup et repartir. Heureusement, le bus des Favre nous rejoint bientôt et dépanne les personnes fatiguées. Après le pique-nique qui nous réconforte, quelques marcheurs font connaissance avec une petite troupe d'ânes et d'ânons absolument charmants. Mais il faut continuer jusqu'aux faubourgs d'Oloron Ste-Marie où notre bus vient nous chercher pour économiser nos souliers sur le macadam.
Ce soir-là nous logeons dans les petites chambres d'un ancien collège, près de la cathédrale. Après la douche réparatrice, tout un groupe se retrouve au centre ville, sur la terrasse d'un bistrot, pour savourer une bonne bière. Mais la pluie se met à tomber au moment où nous devons rejoindre le gîte : les prévoyants arrivent à demi-trempés et les autres sont obligés de se changer. Au repas du soir, nous avons la nostalgie du Jurançon en découvrant le vin de table de la maison …


 

15. La Commande

16. Buffet pique-nique

 

17. Oloron Ste Marie

18. Autre vue...

 
Mercredi 11 juillet
Avant de quitter la ville, nous visitons l'église Sainte-Croix perchée au sommet de la colline d'Oloron Ste-Marie. La méditation de saint Jacques et le témoignage d'Arabella nous invitent à poursuivre le chemin en silence. Nous quittons bientôt la ville et empruntons des chemins forestiers détrempés par la pluie. Chacun essaye de marcher en évitant au mieux les flaques et les bains de boue. Heureusement nous retrouvons à midi une magnifique propriété pour le pique-nique, près d'une station thermale abandonnée à cause des intempéries. Un nouveau compagnon nous accompagne désormais : un gros chien patou qui nous prend pour son troupeau et ne nous quittera plus. L'après-midi, nous approchons de la vallée d'Aspe par des chemins glissants et à travers champs jusqu'au pont du Gave où Bernard Favre accompagné d'André nous attendent. Ils nous guident sur un joli sentier bordé de buis et de fleurs le long de la rivière.

 

19. Oloron, Eglise Ste-Croix

20. Sentier boueux...

 

21. Nous sommes bien gardés !

22. Autre passage délicat...

 

23. Viaduc du chemin de fer

24. Pause avant Sarrance

 
Après une bonne marche, nous apercevons le village de Sarrance, construit autour d'un grand monastère et lové près de la montagne. Il n'y a qu'une seule rue avec des maisons de chaque côté. Nous sommes accueillis par le prêtre du monastère, dans des chambres hautes et impressionnantes, mais pas question de laisser entrer le patou qui connaît apparemment bien l'endroit ! Pas de bistrot ouvert. Le seul qui nous recevra pour le repas du soir, est fermé. Heureusement que les chauffeurs du bus ont trouvé de quoi nous désaltérer avant la visite de l'église par le curé qui nous héberge. Celui-ci nous commente avec humour les trésors de l'édifice reconstruit au 17ème siècle, après les guerres de religions. Ce soir-là, un concert a lieu dans l'église, et les pèlerins vont goûter au plaisir de la musique vocale après le repas du soir.
 

25. Portail "Coquille St-Jacques"

26. Sarrance

 

 

27. Le Père Joseph Domecq

 

28. Sarrance, le cloître

 
Jeudi 12 juillet
Après une bonne nuit dans une ambiance monacale, nous retrouvons l'église pour la méditation et le témoignage de Jacqueline. La flûte de Rosemarie accompagne comme d'habitude nos recueillements et nous fait déguster le silence. Avec le beau temps, nous reprenons le sentier longeant la rivière, mais sur l'autre rive. Nous pénétrons dans la vallée qui se resserre, là où les montagnes des Pyrénées nous entourent et nous dominent. Des petits hameaux blottis autour de vieilles chapelles romanes se succèdent sur nos sentiers. Nous pique-niquons au bord d'une petite rivière, sur des bancs, au bord d'une allée ombragée, en admirant quelques parapentes multicolores qui égayent le ciel bleu. Mais bientôt le chemin s'évanouit à l'approche du défilé de la vallée : il n'y a que le goudron de la grand-route pour marcher. Heureusement notre petit bus prend le relais pour nous emmener plus loin rejoindre le sentier qui longe à nouveau la rivière à travers la forêt. Ouf ! Nous avons évité quelques kilomètres de bitume.

 

29. Sentier au bord du Gave

30. Lées, et au fond la vallée se resserre.

 
En débouchant de ce sentier forestier, nous arrivons enfin au village d'Etsaut où nous logerons au gîte " La Garbure ". Le soir, une équipe de marcheurs pas encore assez fatigués se retrouve à grimper pour admirer de plus haut les beautés du paysage pyrénéen. Tout ceci se termine bien évidemment par une bière ou un petit digestif sur la place du village, dans la quiétude d'une belle soirée estivale. Le patou est toujours là : il va passer encore une nuit devant notre gîte. Mais les restaurateurs ont averti son propriétaire qui viendra le récupérer demain, au grand désespoir de Murielle et de Rosemarie !
 

 

31. Passerelle

32. Le gîte d'Etsaut

 

33. Adieu Balou, comme l'appelait Murielle !

 
Vendredi 13 juillet
C'est notre dernier jour de marche ! Mais nous devons monter jusqu'à 1640 mètres !
Le bus nous transporte en deux groupes devant la gare désaffectée d'Urdos où le train reliait jadis Oloron-Ste-Marie à l'Espagne par le tunnel du Somport. Le soleil n'a pas encore atteint le fond de la vallée à notre niveau et nous nous installons tant bien que mal sur l'ancien quai de la gare. Un dernier témoignage de Compostelle par Alexander et le chant du Magnificat de Taizé pour saluer les premiers rayons du soleil. Peu après et toujours en silence, nous empruntons un petit sentier qui nous mène à travers le village d'Urdos et sur la route du Somport. Les uns derrière les autres, nous marchons au bord de la route, accompagnés par les voitures. Un groupe de patineurs à roulettes nous dépasse ; nous leur faisons de grands gestes en les encourageant de la voix. Après quelques kilomètres, en bordure de route, près d'un alpage, le pique-nique nous attend, toujours aussi apprécié.
 

 

34. La gare d'Urdos

35. Chantons...

 
L'après-midi, c'est la montée au col par un magnifique sentier à travers la forêt et les prés fleuris. Le pas se fait régulier, montagnard, les conversations s'estompent et tout ceci nous permet de communier avec cette belle nature qui nous environne. Deux haltes bienvenues nous permettent de souffler pour affronter les 600 mètres de dénivelé. Enfin voici le col du Somport, frontière entre la France et l'Espagne et dernière étape de notre marche annuelle. L'air est vif, nous sommes à plus de 1600 mètres d'altitude. Nous admirons en contre-bas du col le chemin de St-Jacques qui descend en Espagne vers Jaca et Puenta-la-Reina rejoindre le Camino Francès.
Nous logeons et mangeons en Espagne, à quelques pas de la douane désaffectée, dans un honnête gîte-restaurant. Après nous être installés et douchés, nous nous retrouvons dans la salle à manger pour faire une petite évaluation de la semaine. Le bilan apparaît positif et beaucoup soulignent la découverte importante des méditations, des chants et des témoignages qui inspirent notre démarche sur le chemin de Compostelle. Les organisateurs et les animateurs du groupe sont remerciés et fleuris par Rosita et, au repas du soir, tous les pèlerins trinquent à l'esprit fraternel qui a régné au sein des 25 membres de notre marche jacquaire.
 

36. Montée au Somport

37. Arrivée au Col du Somport

 

38. Erhard à la douane du Col du Somport

39. Impressions finales...

 
Samedi 14 juillet
Après le petit déjeuner c'est le moment de la séparation ! La dizaine de participants reprend place dans le bus qui les amènera ce soir jusqu'à Clermont-Ferrand et demain jusqu'à Genève. Pour ceux qui restent, la matinée est libre : les uns s'organisent pour faire une promenade, les autres profitent de se reposer au soleil, tout en admirant le fabuleux panorama qui entoure le col du Somport..
Après le repas à l'auberge, le car régulier nous ramène à Oloron-Ste-Marie, puis le train nous conduit jusqu'à Pau. L'après-midi nous découvrons la ville et le château d'Henri IV, roi de France et de Navarre. Enfin c'est le dernier repas en terre béarnaise avant de prendre le train de nuit en gare de Pau. Après un voyage sans histoire, les voyageurs se quittent à Genève pour regagner chacune et chacun son domicile. Les yeux brillent, la semaine a été belle et riche de rencontres. Merci à tous !

 

40. Somport, descente vers l'Espagne

41. On se prépare pour le retour...

 

 

 

 

 

42. Henri IV à Pau

 

 

 

- Fin -